mercredi 16 mai 2007
Faiblesse du coeur
C'est étrange, j'ai beau avoir déjà eu un enfant, je me retrouve aussi "faible" face au dernier que pour le premier! Je me souviens de mon désarroi quand durant ses premières semaines, Fiston Premier refusait de s'endormir. Pour certaines raisons, j'étais retournée vivre chez ma mère et cette dernière m'assurait qu'il fallait alors le laisser pleurer dans son lit jusqu'à ce qu'il s'endorme. Les hurlements de mon fils me vrillaient les tripes mais si j'allais le chercher, ma mère me faisait bien comprendre ce qu'elle en pensait... j'ai essayé de tenir bon mais finalement, j'ai préféré être une mauvaise mère qu'une bonne fille et j'ai gardé mon bébé contre moi jusqu'à ce qu'il s'apaise enfin. Au bout de quelques jours comme ça, il a très vite trouvé son rythme et je pouvais ensuite le poser dans son lit à heures fixes sans que ça ne lui pose aucun problème. J'étais assez fière de moi à cette époque, d'avoir démontrer à ma mère que mon instinct était aussi important que son expérience.
Aujourd'hui alors que j'ai justement cette expérience, je ne me sens pas plus ferme dans mes positions. Ainsi, je me retrouve incapable de supporter que Biboux geigne plus de trois minutes dans son lit! Ce qui est tout de même pas grand chose si j'y réfléchis objectivement. Tout à l'heure par exemple, et pour le troisième soir consécutif, ce petit avorton a profité de ma faiblesse à son endroit pour se laisser bercer dans mes bras jusqu'à pas d'heure... et c'est seulement quand je l'ai senti assez exténué pour ne plus brailler que je l'ai posé délicatement dans son lit. Où il s'est endormi paisiblement.
jeudi 10 mai 2007
Mal d'amour
Hier soir, très tard, alors qu'il est dans la cuisine (il adore faire la vaisselle), mon amoureux m'appelle. Je quitte donc mon lit et le Docteur House qui j'en suis sûre, se languit de me voir revenir, pour aller voir ce qui se passe en cuisine. Et là, horreur, je découvre que Fiston Premier a dessiné, au stylo en plus, sur le comptoir en pin massif ... en soi, c'est déjà abberrant qu'il se soit permis une chose pareille: il va sur ses 7 ans quand même, ce n'est plus un bébé! Mais le pire du pire, c'est de réaliser qu'il ne s'agit pas d'un simple gribouillage, il a écrit quelque chose. Maladroitement parce que j'ai du mal à déchiffrer. Mais quand j'y arrrive, j'ai le coeur qui s'arrête de battre.
MAMAN JE NE T EMME PAS
Comment on survit à ça?! Pourtant, j'en ai déjà bavé avec lui... ce n'est pas la première fois que je subis son chantage affectif. Et certainement pas la dernière. Je ne devrais donc pas le prendre si mal mais sur le coup, je suis juste anéantie, anesthésiée... je n'écoute même plus ce que me dit mon chéri, j'entends bien des "faut pas laisser passer ça" et d'autres du même genre mais je suis ailleurs. Dans un monde où mon fils adoré, la chair (fraîche) de ma chair (molle), ne m'aime pas. Tellement pas qu'il a besoin de l'écrire, de le graver même, dans le bois. Comme un serment d'amour à l'envers... je retourne me coucher. Me cacher sous la couette. J'ai envie de pleurer mais je suis incapable de manifester la moindre émotion. Mon cher et tendre me rejoint, il me parle mais je suis déconnectée. Il comprend alors que ça m'a profondément affectée. Il tente de me toucher l'épaule pour m'apaiser mais je le repousse. Brusquement et méchamment. Il le prend mal forcément et va fumer une cigarette dehors... sa quatrième de la journée alors qu'il ne s'en permet que trois désormais. Je m'en veux de ça aussi. Je ne suis ni une bonne mère, ni une gentille amoureuse. Et j'ai le toupet d'être malheureuse en plus!
Plus tard quand il m'aura rejoint, et qu'il m'aura pardonné (encore une fois!), nous discuterons longtemps de ce message de désamour. Qui j'en suis sûre, est en réalité tout le contraire. Ce matin, quand mon homme lui a demandé de s'expliquer , mon fils a raconté qu'il avait écrit ça sous le coup de la colère, quand je l'ai envoyé dans sa chambre parce qu'il m'avait coupé la parole pour la seconde fois en 2 minutes. A sa décharge, je l'avais aussi envoyé dans sa chambre une heure plus tôt parce que j'étais au téléphone et que je ne souhaitais pas qu'il entende ma conversation. La vie est bien injuste pour les petits garçons d'aujourd'hui... Il est donc venu s'excuser près de moi ce matin mais comme je dormais encore, je lui ai vaguementr répondu qu'on en reparlerait à son retour de l'école.
Mais je ne me fâcherai pas. J'ai compris qu'il avait besoin d'encore plus d'attentions. Malgré mes efforts pour ne pas l'écarter sous prétexte que son petit frère m'accapare trop, je dois lui accorder davantage de temps. Des moments où je ne suis qu'à lui. Et où je ne me laisse pas aller à mes propres préoccupations parce qu'il sent intuitivement quand je ne suis pas vraiment là. Ce n'est pas évident pour moi parce que je n'ai jamais fait d'efforts jusque là, ni avec mes enfants ni avec personne d'ailleurs. Quand je suis bien, tant mieux pour tout le monde parce que je donne beaucoup et avec plaisir mais quand je broie du noir ou que je suis juste ailleurs, je me contente de faire le stric nécessaire. Je ne suis là pour personne. Il y a de grandes chances pour que ça finisse par se retourner contre moi. Quand on a une famille, des gens qui nous aiment, on ne peut pas se permettre d'agir ainsi. D'autant que je suis la première à ne pas supporter que mon amoureux me fasse payer sa mauvaise humeur... et j'ai la mauvaise foi de penser qu'il devrait supporter mes sautes d'humeur à moi? Sous quel prétexte?
Evidemment, je ne viens pas subitement de découvrir cette réalité mais les mots de mon fils, à jamais gravés sur le comptoir de la cuisine m'ont fait admettre qu'il était temps que je ne me repose plus sur l'amour inconditionnel qu'il est censé me porter. Bien sûr qu'il m'aimera toujours, c'est viscéral l'amour que l'on porte à sa mère mais en grandissant, quand il aura acquis un sens critique, je veux qu'il puisse se dire qu'il m'aime aussi parce que je suis une super chouette maman.
lundi 7 mai 2007
La politique vue par mon fils
Il est déjà difficile de parler politique entre adultes, c'est encore plus difficile quand on doit en parler avec des enfants... le mieux donc c'est encore d'éviter le sujet! Plus facile à dire qu'à faire parce que ces dernières semaines, il aurait fallu couper la télé, la radio et se coudre les lèvres pour que rien n'échappe à mon fils! Alors il a fallu savoir doser la pédagogie: expliquer le pourquoi des élections, l'importance de la politique pour notre pays... ça c'est facile! Ne pas tomber dans l'idéologie, c'est un peu plus compliqué!
Hier soir, quand le nom de notre nouveau président est tombé, ni mon amoureux ni moi n'avons pu cacher notre déception! Et c'est peu de le dire... Mais en constatant que notre réaction suscitait l'anxiété de Fiston Premier, il a bien fallu le rassurer (il croyait qu'en France, on allait devoir faire la guerre)! Et surtout lui rappeller encore une fois que la politique est une affaire de grandes personnes! Pour lui de toute façon, un nouveau président, ça ne change rien à son quotidien.
Il me racontait qu'à la récréation, avec ses camarades, il jouait aux élections, chacun fier de dire pour qui il vote! Mon fils a voté Ségolène... comme par hasard. C'est pour ça qu'on ne devrait pas mêler les enfants à notre vision de la politique, je lui ai expliqué qu'il votait comme moi et que ça n'avait aucun sens parce qu'on devait voter pour des idées, même si ce ne sont pas celles de ses parents. Je lui ai demandé de m'expliquer la différence entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, à part le fait que l'une est une femme et l'autre un homme... bien sûr, il n'a pas su me le dire. Mais du coup, je crois qu'il a compris qu'il était trop petit pour jouer à voter.
A moins qu'il n'organise un vote à la récréation pour savoir à quel jeu lui et ses copains vont s'amuser... mais mon fils n'est pas pour la démocratie: c'est tellement plus drôle d'être le dictateur de sa cour de récré!
jeudi 3 mai 2007
Vivement demain!
Quand on partage la garde d'un enfant avec son ex, on est habitué à ne pas le voir une semaine sur deux. Mais puisque son père ne peut pas aller le chercher à l'école dès la sortie et qu'il aurait été dommage de le mettre à la garderie alors que j'habite à côté de l'école et que je suis disponible à 16h30, je peux profiter de mon fils aîné deux heures chaque soir. Et tous les mercredis en m'arrangeant. Enfin en ce moment, c'est facile puisque je ne travaille pas. Donc en réalité, il n'y a que lorsque son père prend une semaine de congé que mon fils m'échappe totalement... comme en ce moment.
Je n'ai pas vu mon fils depuis vendredi dernier. Ce n'est pas tout à fait juste puisque je suis allée le chercher à l'école pendant la récréation du matin pour l'emmener "passer une audition" au conservatoire. Parce que l'année prochaine, il a la possibilité d'entrer en classe à horaires aménagées pour suivre une initiation à la musique. Ce serait génial pour lui, si toutefois ça l'intéresse. Personne dans sa famille, aussi bien maternelle que paternelle, n'a jamais touché à un instrument mais justement! C'est une excellente raison pour casser la tradition familiale!
Enfin toujours est-il que je n'ai pas embrassé les jolies joues rebondies de mon fils depuis et il me manque ce petit salopiot... c'est fou quand on y pense parce que quand il est là, je ne l'écoute déjà plus au bout de cinq minutes de piapiotage continu... il me raconte par le menu à quoi il a joué à la récré, tous les monstres de l'espace qu'il a rencontré etc... je décroche vite c'est vrai. Comme une mauvaise mère que je suis. Le pauvre... J'arrive même pas à faire semblant en plus! Alors j'essaie de l'interrompre par tous les moyens pour qu'il passe à autre chose: Tu veux quoi pour ton goûter? Tu t'es lavé les mains? T'as pensé à ramener ton livre de bibliothèque à ton maître? Oui, c'est bien mon chéri mais sinon à part la récré, t'as bien travaillé à l'école?
Il n'y a que lorsqu'il commence à fatiguer, le soir, que j'arrive à le coincer trente secondes avec moi sur le canapé pour un petit câlin... encouragé par l'affection débordante de sa mère, il se remet alors à papioter à propos de l'histoire quil est en train de dessiner, puisque plus tard, il veut "faire des livres". Entre autres. Il y a tellement de choses qu'il voudrait faire quand il sera grand... aller se coucher à l'heure qu'il veut avant toute chose... évidemment.
Vivement demain, que je sois saoulée par le verbiage sans fin de mon amour de fils et que je puisse, entre deux mastiquages de tartines (il n'a pas le droit de parler la bouche pleine!) poser mes lèvres sur la douceur enfantine de ses joues et y apposer un bon gros bisous de maman en manque!

