samedi 21 avril 2007
Matin Chagrin
Qu'en est-il des grasses mâtinées chez vous?
En voie de disparition, comme chez moi?
Est ce que tous les parents sont condamnés à se lever tôt tous les jours de leur vie sous prétexte qu'ils ont mis au monde des petits monstres sans coeur?
Je le vois d'ici mon fils aîné dans 10 ans, il aura tchatté toute la nuit sur msn avec ses copains et il faudra que j'attende 14h avant d'oser mettre le nez dans sa chambre qui sentira le mâle pas lavé pour entrouvrir les rideaux... et je l'entends déjà grommeler des insanités sous ses draps à l'égard de sa vieille "reum" sans coeur!
Mais en attendant... à l'heure à laquelle il faut que je le sorte tendrement du lit le matin pour aller à l'école tous les jours de la semaine, Monsieur est déjà debout le samedi et le dimanche et vient me demander de lui préparer son petit-déjeuner. Sauf que ça ne lui suffit pas, sinon je pourrais aller me recoucher aussitôt son lait chaud posé devant lui, ce serait trop simple: il faut que je prépare le mien aussi pour déjeûner avec lui!
Et là, y'a pas moyen! J'ai essayé mais vraiment, j'y arrive pas... je suis d'une humeur tellement massacrante alors que juste l'entendre machouiller ses tartines de miel me donnent envie d'hurler. Parce que moi le matin, il faut que je dorme. Surtout depuis que Bibouxx, son petit frère, est né. Quand il fera ses nuits, on en reparlera mais d'ici là, il faut que je rattrape le sommeil perdu!
Alors ce matin, j'ai collé Fiston Premier devant un verre d'eau et un croissant. Je lui ai mis un dessin-animé qui dure une heure et demie et je lui ai promis de prendre le petit-déjeûner avec lui après, à condition qu'il ne vienne pas me raconter toutes les cinq minutes ce qui se passe sur l'écran!
Bon, comme ça a marché, je recommence demain... en espérant que cette fois, Bibouxx ne profite pas que je me glisse avec délice sous les draps pour se réveiller lui aussi!
lundi 9 avril 2007
Délivrance
Puisqu'on me l'a demandé et comme c'est la tradition pour toute jeune mère qui se respecte, je m'en vais vous raconter mon accouchement. Rien de bien gore rassurez-vous... dommage, j'aurais bien aimé faire peur aux prochaines... mais que ceux qui préfèrent les histoires jolies de cette bonne vieille cigogne s'abstiennent de lire la suite, je ne souhaite pas briser un mythe.
Tout a commencé à 1h du mat, quand, après avoir regardé Rocky (le premier de la saga) à la télé, je vais me coucher pendant que mon amoureux prend sa douche. Je compte bien m'endormir avant qu'il ne me rejoigne tellement je suis crevée... mais pas autant que ma poche des eaux semble-t-il... depuis le début de la soirée, j'avais des contractions régulières mais puisque c'était déjà arrivé plusieurs fois déjà sans conséquences, je ne m'attendais pas à ce que ce soit différent cette fois. Me voilà donc telle une naufragée en train d'appeller mon chéri qui sort de la salle de bain nonchalemment pour une fois, sans s'inquiéter outre mesure. Ces dernières semaines, il redoutait tant ce moment qu'à chaque fois que je l'appellais, il arrivait presqu'en courant... pour finalement me sauver d'une araignée égarée ou m'aider à enfiler mes bottes!
Cette fois donc, il arrive l'air de rien pour me trouver nue et perdue au beau milieu d'une flaque d'eau dans le lit. Il aurait pu s'évanouir ou se mettre à paniquer mais au lieu de ça, il décide de faire son intéressant et très calmement, il gère la situation. Du coup, je me permets de paniquer à sa place mais rien qu'un peu, je prends une douche et je tremble violemment pendant 20 minutes tout en préparant ma valise. Entre temps, on a appellé l'hôpital, ma mère pour qu'elle vienne garder Fiston Premier et sa mère à lui pour qu'elle nous amène à la maternité. On a pas de voiture en fait. Pas de permis non plus d'ailleurs...
Une fois sur place et après une course effrénée à travers Bordeaux - non pas parce que je suis sur le point d'accoucher, y'a encore le temps mais parce que la maman de mon chéri est bien trop contente d'avoir un prétexte pour rouler vite - on se rend compte que l'Entrée de Jour n'est pas la même que l'Entrée de Nuit. Et comme la maternité est en plein travaux, avec le bordel que ça occasionne, on aurait eu plus vite fait de passer par une fenêtre que de chercher cette fichue entrée. Le futur papa se met donc mis à courir partout à la recherche de l'entrée mystère tandis que j'appelle le service concerné pour leur demander gentiment de bien vouloir me dire où donc est passée cette fichue Entrée de Nuit...
Quand on a enfin trouvé, on souhaite une bonne nuit à ma belle-mère et on passe enfin aux choses sérieuses. En effet, les contractions commencent à se faire douloureusement sentir et il est temps que l'on me donne un endroit pour râler en paix. Bien sûr on me fait les examens d'usage: pipi, monitoring, vérification du col... puis la sage-femme me demande si je souhaite un ballon.
"Pardon?! Ah oui, ce genre de ballon... ben écoutez madame, je vais pas savoir quoi en faire de votre ballon vu que j'ai pas suivi les cours de préparation à l'accouchement."
"Mais c'est pas un problème, je vais vous montrer".
Voilà donc que je me retrouve à me tortiller sur un énorme ballon à chaque contraction tout en serrant très fort la main de mon homme. Qui trouve la situation assez cocasse pour prendre deux ou trois clichés de mes grimaces de douleur.
A ce propos, j'avais expliqué dans le forum il me semble, que je ne souhaitais pas que le futur papa soit avec moi pendant le travail. Je ne souhaitais le voir arriver près de moi qu'une fois "délivrée" comme on dit. Belle et fraîche avec un petit bout rose et dodu dans les bras. Comme dans un rêve. Ou un épisode des feux de l'amour. Oui mais voilà que je n'avais pas prévu l'heure tardive à laquelle ce dernier pointerait le bout de son nez ni que ma mère serait obligée de garder mon fils aîné au lieu d'être avec moi en salle d'accouchement. Et il n'était pas question que j'accouche seule non plus. Voilà pourquoi au final, mon compagnon s'est retrouvé embarqué dans cette sale affaire avec moi... à son plus grand soulagement il me semble. Quoique...
Revenons plutôt sur le ballon... ah j'avais l'air fin tiens... pourtant c'est vrai que ça m'a soulagé un peu. Puis un peu moins. Jusqu'à plus du tout. Je suis donc remontée sur le... tiens d'ailleurs comment ça s'appelle ces trucs sur lesquels les médecins nous demandent de nous allonger? Bref, là dessus.
Je commence à ne plus pouvoir me retenir de crier vers 4h du mat et ça rend mon amoureux un tout petit peu dingue... il n'a plus coeur ni à me prendre en photo ni à me faire des blagues idiotes... tant mieux parce que je ne réponds plus de mes actes. J'arrive à aller aux toilettes une dernière fois, me pliant en deux tous les 3 mètres. J'ai de plus en plus de mal à le retenir d'appeller une infirmière alors quand mon autorité naturelle finit par céder et devant la violence des spasmes de mon bas-ventre, il en profite pour appuyer sur le bouton fatidique. Une infirmière apparaît aussitôt et je m'excuse presque de l'avoir dérangée, pour rien j'en suis sûre. Or elle décide que non en vérifiant mon col et on me transfère, enfin, en salle d'accouchement.
Entre temps, la sage femme m'avait parlé d'une amie à elle, sage-femme aussi qui comme moi, avait décidé d'accoucher sans péridurale. Cette amie avait suivi des cours de préparation qui la laissait imaginer chaque contraction comme une belle vague bleue qui arrivait, le but étant j'imagine de visualiser la douleur sans la redouter, la laisser monter, monter... en sachant qu'elle allait de toute façon redescendre. Elle m'a aussi expliqué comment respirer. Paraît que la copine en question a vécu son accouchement quasiment dans la joie et la bonne humeur tellement ça a marché... ben voyons...
Oh bien sûr, je les ai vu moi aussi les vagues au début, je m'accrochais à la voix de mon amoureux qui me "coachait" et qui respirait avec moi. A force de souffler comme ça, on arrivait presque à s'endormir entre chaque contraction sauf qu'au bout d'un moment, toutes ces vagues... je me suis noyée dedans... quand les contractions sont à ce point aïgues qu'on ne les sent plus venir, c'est que ce ne sont plus de simples contractions, c'est le bébé qui vient. Je me disais avec tout ce bleu, toute cette eau, j'ai l'air de quoi maintenant si je ne sais même plus nager? Mais ouf! C'est pas que je suis plus douillette qu'une autre, c'est juste parce que le bébé pousse! Il pousse?! Déjà!!! Ca n'avait pas été aussi rapide avec le premier. Je ne suis pas vraiment étonnée: on me l'avait bien dit que ça irait plus vite pour le second mais quand même... Et mon chéri qui n'a même pas encore reçu sa blouse! Du coup, je crie:
"Il faut lui donner une blouse!"
"Plus tard" me crie la sage-femme.
Tiens, elle paraît bien stressée tout à coup celle-ci... et ça s'active en face de moi, y'a soudain plein de monde dans la pièce, on a juste eu le temps de me poser une perfusion de je ne sais même pas quoi, on m'enfile les pieds dans les étriers et c'est parti, faut que je pousse tiens, la bonne blague!
Bon, la première fois, ça va, ça pousse quasiment tout seul. Cris de joie de l'autre côté, je me dis que c'est bon la tête est sortie, le reste va venir tout seul.
"Poussez encore" me dit la sage-femme.
Encore? Alors je pousse mais ça ne marche pas. Je ne sais pas exactement ce que je fais mais ça n'a pas l'air de faire avancer quoi que ce soit, c'est le cas de le dire.
"Allez! Poussez!"
"Mais je pousse!"
"Non, vous ne poussez pas là" s'énerve-t-elle.
Et merde... elle a raison en plus mais je n'y arrive pas. J'en peux plus, j'ai mal, je pousse, enfin je crois, je suffoque en tout cas mais rien ne vient.
Alors je crie " aidez-moi!"
Ben oui quoi, j'ai sorti la tête, elles peuvent bien faire le reste non?
"On ne peut rien faire sans vous là, il faut pousser maintenant, vous avez pas le choix"...
Bon, j'ai compris. J'arrête de paniquer, je me concentre et je pousse de toutes mes forces! Et là enfin, je sais que je pousse pour de bon parce que je le sens, mon bébé, qui se fraie le chemin vers la sortie. Je hurle tellement j'ai mal! Tant pis si je dois en mourir: je pousse encore une fois pour qu'il se dégage complètement et là j'entends
"Stop!!! Arrêtez de pousser!"
C'est une blague?!!
"Je ne peux pas!!!"
"Mais si, arrêtez vous maintenant sinon vous allez vous déchirer!"
Ah ben manquait plus que ça! Et pas question de me faire une épisiotomie parce que je ne suis pas anesthésiée... du coup c'st radical: je m'arrête de respirer, de pousser et j'attends la permission, avec l'envie de tuer tout le monde dans la pièce! Enfin j'ai le feu vert: on m'encourage à pousser de nouveau, je pousse à m'en faire péter le squelette et il sort enfin ce petit morveux qui m'en a tant fait voir déjà! Je panique parce que je les ai entendu dire qu'il avait le cordon autour du cou, comme mon premier qui était arrivé tout gris sur mon ventre et à qui il a fallu donner de l'oxigène pendant deux heures avant que je puisse le tenir dans mes bras, avec les conséquences que l'on connaît sur son cerveau ... non je plaisante, il va très bien mon grand, c'est pas la faute de son cerveau s'il est parfois zinzin, c'est l'âge qui veut ça.
Je leur crie donc "Il va bien?!! Dîtes moi s'il va bien!" carrément hystérique mais je m'en fous, je veux qu'on me dise s'il va bien bordel!
"Mais oui, il va très bien, vous en faîtes pas!"
Facile à dire tiens... puis on me le pose doucement sur le ventre. Il est un peu mauve mais il respire, il essaie même d'ouvrir les petites fentes qui lui servent de yeux. Je suis tout à mon bonheur, incroyablement soulagée qu'il soit enfin là, en parfaite santé et je savoure ce moment avec son papa, plus ému que moi encore. On le caresse, on le cajole en lui murmurant des mots doux et soudain, une infirmière demande si le papa veut bien couper le cordon. J'ai envie de rigoler parce que c'est bien la dernière chose au monde qu'il souhaitait faire mais au lieu de protester, il prend le ciseau qu'on lui tend et arrive tant bien que mal à s'acquitter de sa tâche.
Samuel est enfin libre!
samedi 7 avril 2007
De retour!
A ceux qui se poseraient la question, j'ai été absente aussi longtemps par le fait de mon fournisseur d'accès, une grande blonde un peu godiche qu'a rien compris de ce que je lui expliquais... je m'en suis sortie en la harcelant bien comme il faut. Elle a toujours rien compris mais au moins, elle a fait ce que je lui demandais... dire qu'il y en a qui rêvent de pouvoir dire ça... ah ah ah... mouais bon...
Donc, Samuel est arrivé parmi nous le 28 février, à 6h du matin. Je ne l'attendais pas si tôt mais entre nous, je l'espérais quand même... je vous dis pas le ménage que j'ai fait la veille histoire de presser un peu les choses... je ne pensais pas que ça marcherait aussi bien! Il faut dire que j'en ai bavé ce dernier mois. Je me suis arrêtée de bosser le 31 janvier et je n'aurais pas pu tenir un jour de plus tellement j'avais mal. Donc même si ça m'a un peu soulagée de rester à la maison, sans rien faire vu que mon amoureux s'est occupé de tout, ça m'a aussi énormément frustrée. N'oubliez pas que je n'avais plus ni téléphone ni internet! J'ai passé des journées abrutissantes devant la télé. Ceux qui ont passé des après-midi entiers sur M6 sauront de quoi je parle... y'avait de quoi devenir conne. Remarquez, je le suis peut-être devenue sans m'en rendre compte, qui peut dire si les cons se rendent compte qu'ils sont cons hein?!! Le fait de poser la question est déjà en soi une réponse mais je ne vais pas m'enfoncer plus longtemps alors que j'ai un sujet bien plus passionnant à partager: mon fils!
Avouer que je ne l'ai pas trouvé beau aux premières heures de sa vie risque d'en choquer certains, et lui le premier quand il le saura, mais c'est la vérité. Je l'aimais déjà lorsqu'il était dans mon ventre et je l'ai plus qu'adoré lorsque je l'ai enfin vu mais soyons honnêtes, je l'ai trouvé très étrange! D'abord mon aîné pesait 3,6 kg à la naissance alors avec ses 500 g en moins, le second avait presque l'air d'un prématuré! Il avait les traits très fins alors que l'aîné avait une bouille bien ronde. Ben oui, c'est à cause de ma référence au premier que j'ai eu tant de mal à reconnaître mon second! Je trouvais par contre le bébé de ma voisine de chambre magnifique, je n'en suis pas fière mais enfin ce sont des choses qui arrivent... ce qui est magique, c'est qu'au bout de deux jours, je le trouvais quelconque comparé à la petite merveille que j'avais pondu! Bon sang, on perd vraiment de son objectivité quand on tombe amoureux!


